Analyses Critiques

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Les débuts de l'économie moderne : le mercantilisme (1450-1750)


Jean-Baptiste Colbert
Jean-Baptiste Colbert la grande figure du mercantilisme en France

Le mercantilisme apparaît vers 1450 et domine la scène jusque vers 1750[12]. Il naît au moment où émerge la notion d'État qui doit s'imposer sur deux fronts : à l'extérieur face au pouvoir papal et à l'intérieur pour unifier le territoire[13]. Le mercantilisme est protectionniste à l'extérieur mais à l'intérieur, au contraire, il vise à l'unification du marché national. Cette doctrine économique connaît son apogée du XVIe siècle au XVIIIe siècle, propagée par une littérature prolifique de pamphlets de commerçants ou d'États. Elle estime que la richesse d'une nation dépend de l'importance de sa population et de l'accumulation d'or et d'argent. Les nations qui n'ont pas accès aux mines peuvent obtenir l'or et l'argent en favorisant leur outil productif et en stimulant leurs exportations. Pour ce faire ils vont à la fois limiter les importations de produits finis et pousser aux importations de matières premières destinées à être manufacturées et exportées avec profit[14],[15]. Les mercantilistes accordent une place très forte à la balance commerciale, ce que leur reprochent plus tard David Hume et Adam Smith. Il se décline selon plusieurs modèles. Certains auteurs[16] distinguent le mercantilisme bullioniste[Note 4] portugais ou espagnol, le mercantilisme industrialiste français dont Jean-Baptiste Colbert est la figure de proue, le mercantilisme commercial anglais et le caméralisme allemand qui se considère comme une science des choses de l'État[17],[Note 5].

Pour Eli Heckscher[18] « un des traits majeurs de l'économie politique [mercantiliste] sinon le plus important de tous [était] ce qui est appelé en France « fiscalisme »... L'Etat, par ses interventions, voulait créer de fortes sources de revenu pour lui-même (...), [et] exploitait à ses propres fins les avantages monopolistiques que les guildes avaient garantis à leurs membres et que les propriétaires privés de moyens de production avaient reçus pour eux-mêmes ». Pour Ekelund et Tollison, des économistes de l'école des choix publics, le principal souci de Colbert était, d'abord et avant tout, de faire rentrer des impôts. C'est parce qu'il ne put réformer la « taille réelle », tant cette réforme était impopulaire, qu'il se lança dans la création et la vente de droits de monopole[19]. Max Weber dans son ouvrage L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme[20] souligne combien les puritains anglais étaient opposés, à la même période, à la vente de monopoles par les Stuarts. En effet cela les aurait tenus à l'écart de secteurs où ils pouvaient développer au mieux les dons et la capacité que Dieu leur avait donnés. Weber insiste également sur l'influence de cette opposition dans les révolutions anglaises du XVIIe siècle.

  source:  wikipedia



02/10/2010
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