Analyses Critiques

Analyses Critiques

MauriceYaméogo et la Haute-Volta

La Naissance d’un grand Parti. Le RDA-Rassemblement Démocratique Africain.

 

Face aux exactions commises sur les peuples d’Afrique, qui comme tout autre peuple, aspirent à la liberté et au bien-être, les leaders africains décidèrent de mettre en place un grand mouvement d’envergure africaine afin de répondre aux aspirations du peuple africain. C’est ainsi que le 18 Octobre 1946, naitra le RDA-Rassemblement Démocratique Africain à Bamako. Ce parti, porté par des leaders comme Houphouet-Boigny, Fily Dabo Cissoko, Gabriel D’Arboussier, Sekou Touré, Ruben Um Nyobé, Ouezzin Coulibaly etc. va très tôt s’opposer ouvertement à l’exploitation des masses africaines. Le Parti fera connaitre son programme qui tout en réclamant l’autonomie des colonies se penche sur l’amélioration des conditions de vie des populations à travers la construction d’écoles, de postes de santé et la suppression des impôts et taxes. Ces revendications vont trouver un écho au niveau des masses qui vont apporter un soutien sans faille au mouvement. Le RDA s’imposera alors comme le seul véritable parti africain qui luttera jusqu’à l’indépendance et même après aux côtés des populations.

 

Le RDA-Section Haute-Volta. Le PDV-RDA-Le Parti Démocratique Voltaïque.

 

Le RDA, section Haute-Volta naitra au congrès de Bobo Dioulasso le 20 décembre 1947 à l’initiative de Ouezzin Coulibaly. Il prit le nom de Parti Démocratique Voltaïque-Section RDA-PDV-RDA. La section voltaïque du RDA se battra pendant une décennie pour finalement réussir à s’imposer comme l’un des partis les plus dynamiques du paysage politique. Il deviendra PDU-RDA–Parti Démocratique Unifié après sa fusion avec le PSEMA-Parti Social d’Education des Masses, le 29 Septembre 1956.

Le 17 mai 1957, Ouezzin Coulibaly dévient le Vice-président du Conseil de gouvernement de la Haute-Volta. Maurice YAMEOGO devient son ministre de l’économie agricole au titre du MDV (Mouvement Démocratique Voltaïque) de Michel Dorange et de Gérard Kango. Juste après la formation du gouvernement, une fronde éclata entre le PDU et ses alliés d’hier. La crise éclata en décembre 1957. Une motion de défiance fut mise en débat à l’Assemblée Territoriale. L’article 2 du décret 57-458 de la loi-cadre stipulait que « le gouvernement a la faculté de démissionner s’il estime ne plus avoir confiance en l’Assemblée Territoriale. » Ouezzin refusa alors de démissionner. La motion de défiance fut malgré tout votée par 36 voix pour sur 52 votants et 16 bulletins blancs ou nuls. Le gouvernement était en minorité. Et Ouezzin en refusant de démissionner venait de commettre ce qui fut qualifié à l’époque de « Coup d’Etat civil ». En attendant que la France ne se prononçât sur la crise voltaïque, le 03 Janvier 1958, Nazi Boni, Joseph Conombo et Gérard Kango envoyèrent une lettre collective au ministre de la France d’Outre-mer, lui demandant de dissoudre le conseil de gouvernement. (Domba Jean Marc. P.138-139).

 

Dans cette ambiance de crise, Ouezzin Coulibaly bénéficia du soutien de Maurice Yaméogo, Dénis Yaméogo, Nader Attier, tous conseillers MDV, élus de Koudougou et de Mathias Sorgho du PSEMA. Un nouveau rapport de force venait de se créer au profit du Vice-président du Conseil de gouvernement. Le 06 février 1958, Ouezzin Coulibaly proposait un nouveau gouvernement (annexe). Maurice Yaméogo devenant alors ministre de l’intérieur, devînt par la même occasion la deuxième personnalité politique de la Haute-Volta.

 

Le 07 Septembre 1958, Daniel Ouezzin Coulibaly mourrait à Paris. Maurice Yaméogo assura l’intérim de la Vice-présidence du conseil de Gouvernement. Dès l’annonce de la mort de Ouezzin, les rivalités pour la succession au poste de Vice-président s’annoncèrent virulentes. Les protagonistes étaient Maurice Yaméogo, vice-président par intérim, Joseph Ouédraogo, secrétaire politique de l’UDV-RDA, Ousmane Bâ, ministre de la fonction publique, Nazi Boni, Gérard Kango et Joseph Conombo, tous du PRA. Le Mogho Naaba Kougri entra dans le jeu politique en réclamant la démission de Maurice Yaméogo pour faire place à un régime impérial et la mise en place d’un gouvernement d’union national. Il assiégera l’Assemblée le 17 Octobre 1958. Sa tentative fut vaine et échoua lamentablement. Maurice Yaméogo sera confirmé dans son poste de Vice-président du conseil de gouvernement.

 

Ainsi donc, en prenant la tête du gouvernement le 08 décembre 1960 pour 5 ans, M. Maurice Yaméogo venait de sortir victorieux d’un combat politique dans lequel il s’était aliéné la chefferie traditionnelle et les partis politiques (Gérard Kango, Joseph Conombo lui en voulait pour son soutien à Ouezzin Coulibaly en Janvier 1958). Il avait aussi, une méfiance pour l’armée française qui, en la personne du commandant Chevrault, avait soutenu le Mogho Naaba Kougri dans sa volonté d’imposer une monarchie constitutionnelle le 17 octobre 1958. L’église catholique qui voyait d’un mauvais œil l’implantation du RDA en Haute-Volta avec ses idées communistes et surtout son communisme athée était une force qui s’opposait à Maurice Yaméogo. C’est dans un tel contexte que Maurice Proclamera les indépendances le 05 Aout 1960, avec le souci de rester président de la Haute-Volta par tous les moyens. Tous les ingrédients étaient réunis pour une présidence mouvementée.

 

                                             Pour plus d'infos  (Contact 78 16 80 03)



31/01/2013
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