Analyses Critiques

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Breve histoire de l'esthetique capillaire Africaine

ÉTUDE PRELIMINAIRE INSTRUCTIVE SUR L’ART DE LA COIFFURE AFRICAINE TRESSÉE...

Brève histoire de l’esthétique capillaire africaine

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FANG PORTANT DES TRESSES

Nos cheveux sont constitués essentiellement de protéines : la Mélanine et la Kératine en particulier. Ce sont les propriétés biochimiques de cette dernière (kératine) qui confèrent aux cheveux le caractère lisse, ondulé ou crépu, avec les variantes intermédiaires. Les ponts disulfures de la Kératine sont à la base de la conformation crépue du cheveu (1), et ce n’est point du à « la malédiction de CHAM ou HAM » décrite dans la littérature occidentale et arabe relative à la Bible et au Coran ... (2)

Il s’agit en réalité d’adaptations aux conditions environnementales, de la mélanine (pigments noirs) protégeant des U.V (Ultraviolet, agent provoquant des mutations de l’ADN) et la structure crépue permettant une grande rétention de l’humidité.(1)

Une grande majorité des Négro-Africains a ce type de chevelure. Dès l’aube de la civilisation mélanoderme, les Négro-Africains ont toujours eu le souci de l’esthétique de la chevelure et ont ainsi développé l’art capillaire. Ainsi, le Roi proto-dynastique TERA NETER en Pays KÉMÈT (Egypte ancienne) porte les cheveux coiffés en tresses (A). Ce type de coiffure tressée, dont la géométrie est fractale (3, 4), est ensuite observé dans de nombreuses castes de la population Egypto-Nubienne (scribes, pharaons, artisans...). Maspero rappelle à propos du pharaon Seqenenrê que : « des larves de nécrophore ont laissé leurs coques par centaine dans les tresses et les replis du bras ». (5)

Ce mode de coiffure en tresses est attesté par la suite dans tout le reste de l’Afrique Noire après l’Antiquité Egypto-Nubienne, que ce soit de l’Ouest (B) PEULS, MANDING, DOGONS, WOLOF, AKAN, YORUBA, centrale (C) MANGBETOU, FANG... et de l’Est MASAÏ jusqu’à nos jours aussi bien chez les hommes que chez les femmes.

Peigne du pharaon Djed (Egypte/Afrique)

En Amérique précolombienne, les Olmèques négroïdes avaient aussi adopté cette coiffure. (D) Mais c’est bien à partir de la vallée du Nil (KÉMÈT, NUBIE) que s’est répandu ce style de coiffure. Les longues nattes faites de cheveux naturels ou artificiels sont aussi des types de coiffure négro-africaine. (6)

Scène de tressage du prince Kaouti (Egypte/Afrique)

Certaines parties des populations nègres préfèrent se raser la chevelure (Prêtre égyptien, femme Masaï...). D’autres adoptent la chevelure « en Afro » ou des coiffures dites « en dégradé » comme les Tutsis à l’image du casque type de Ramsès. (E) La chevelure coiffée en fines « dreadlocks » est également observée durant l’Antiquité chez les Nubiens, les Egyptiens et les anciens Hébreux (7).

Peignes afro égyptiens

Actuellement, on retrouve chez les Africains de la diaspora, les mêmes types de coiffures : tresses, nattes naturelles ou artificielles, dreadlocks, Afro, dégradé etc. , sauf chez les Miss des C.F.A (Colonies Françaises d’Afrique et Amérique) pour lesquelles le maintien de la chevelure crépue semble impensable... En visite en Guadeloupe durant les présidentielles, un ancien premier ministre français pensait haut et fort, au sujet de la dette des puissances européennes envers les descendants de l’holocauste noir : « Il n’y a plus d’Africains en Guadeloupe ».

Ces résurgences culturelles ne disent-elles pas autre chose ? Sûrement non, pour ceux qui croient [tel Champollion-Figeac à propos de l’origine nègre de la population l’Egypte ancienne (6)], que les cheveux crépus, la peau noire et les lèvres lippues ne suffisent pas pour décrire le phénotype Négro-africain...

N’en déplaisent aux partisans de l’absence de toute trace d’Africanité dans la culture antillaise, l’Afrique Noire resplendit encore par la beauté de ces coiffures. Ces traditions ont subi des évolutions dans la diaspora Négro-africaine, des Amériques aux Caraïbes. A titre d’exemple, les figures géométriques des coiffures tressées d’Alicia Keys ou de Allan Iverson sont dignes des tissus BAKUBA du KONGO ou d’un architecte de KÉMÈT tel IMHOTEP ! Dans la diaspora Négro-Africaine, Caribéenne particulièrement, il est d’usage de ne pas couper les cheveux des garçons, et ainsi de les tresser ou natter, jusqu’à l’âge de 3 ans, pour favoriser le développement du langage des enfants disent les Anciens ; cette pratique est aussi à rattacher aux rites négro-africains car les jeunes princes en KÉMÈT étaient coiffés de tresses ramassées sur le côté, tout comme les Peuls jusqu’à l’âge initiatique.(8) Oui, la Renaissance culturelle Négro-Africaine passera sans équivoque par sa Diaspora.

L’esthétique nègre semble avoir indigné des responsables de renouvellement du poste de surveillant d’internat puisque ceux-ci ont causé des troubles gravement préjudiciables à l’avenir professionnel d’un jeune étudiant guadeloupéen pour le port de ses cheveux en tresses, au motif peut-être que « le gène de la violence s’exprime chez les hommes Noirs quand ils laissent croître leurs chevelures (9).

On se demande quel gène s’exprime chez les Leucodermes ou chez les Asiatiques durant leur croissance capillaire ! L’ignorance et l’obscurantisme empoisonnent nos intellectuels et engendrent ainsi des licenciements abusifs. Cet étudiant a d’ailleurs porté plainte pour discrimination raciale (sauf que cette fois, l’employeur et l’employé sont Nègres !).

Seule la connaissance affranchira des complexes que l’on nous a « savamment inculqué » en nous proposant des modèles différents de nos réalités.

La chevelure crépue n’a jamais été une honte pour nos ascendants, pourquoi le serait-ce aujourd’hui ? Sachons apprécier la beauté de nos coiffures, véritable héritage négro-africain des temps immémoriaux. Mounza SHABAKA.

Tresse africaine d’une princesse égyptienne

Fractale : Forme géométrique fragmentée, se reproduisant dans les parties et dans le tout à des échelles différentes. Ponts disulfures : liaison entre deux atomes de soufre de cystéine dans une protéine Publié dans le Magazine Racines de l’association RACINES de Guadeloupe/ Janvier/Février 2003

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MOMIE DE LA REINE AHMES
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21/10/2008
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